Les bienfaits de la solitude

Situation actuelle : j’ai trente ans, je suis célibataire et je vis seule, depuis plus d’un an. Mon ex et moi avons choisi de nous séparer après deux ans et demis d’une relation dans laquelle nous étions malheureux, malgré une belle complicité. Depuis, on me demande souvent comment je vis cette situation de célibat et comment je supporte la solitude, en portant sur moi un regard apitoyé. C’est pourquoi j’ai envie aujourd’hui de vous livrer mon retour d’expérience et mon point de vue sur ce sujet, qui me tient particulièrement à cœur.

La frustration, c’était avant

Avant cette séparation, j’avais beaucoup de mal à passer du temps seule, à envisager de faire des choses seule, à entreprendre des projets seule, je supportais mal le fait de passer ne serait-ce qu’une soirée seule et l’idée de sortir faire quelque-chose toute seule (un ciné, une balade…) m’était insupportable.
Mon envie n’était motivée que par mon rapport aux autres (petit-ami, amis…) et mon bien-être dépendait donc toujours d’eux. J’avais toujours plein d’envies, plein d’idées, mais il m’était inenvisageable de les réaliser sans la compagnie des autres.
Très demandeuse, j’étais donc en constante attente d’eux, ce qui générait souvent chez moi un sentiment de frustration devant leur manque de disponibilité et ce qui m’empêchait d’accomplir les choses dont j’avais envie.
Bien entendu, je réalise tout ça maintenant, mais je n’en avais pas du tout conscience à l’époque.

La solitude, source d’un nouvel épanouissement

Depuis cette séparation et grâce à un travail que j’ai fait petit à petit sur moi-même, mon rapport à la solitude a beaucoup changé. L’année 2016 a été riche en évolutions positives sur ce plan et j’ai progressivement réalisé que la personne la plus importante dans ma vie, c’était moi, que la personne dont je devais prendre le plus soin et dont je devais le plus écouter les besoins, c’était moi.
Depuis, je n’ai plus constamment besoin d’attendre les autres pour entreprendre des choses, pour avancer, j’ai compris que l’interaction avec l’autre n’était pas absolument nécessaire pour être heureux, mais que l’interaction avec soi-même pouvait être tout aussi enrichissante et bienfaisante.
J’ai également réalisé qu’il ne fallait pas craindre la solitude, ni l’envisager comme une tare ou un monstre redoutable, car elle peut tout aussi être une source de bien-être et d’épanouissement.
À partir de ce moment là, ma façon d’envisager les choses a totalement changée. Désormais je vais régulièrement marcher, flâner seule, au cinéma seule, à la salle de sport seule, il m’arrive aussi parfois d’aller manger à l’extérieur seule, d’aller voir un spectacle ou un concert seule et j’ai même fait il y a quelques mois un voyage de dix jours à l’étranger seule, et ce, non pas à défaut d’avoir trouvé quelqu’un pour m’accompagner, mais par choix, parce que j’en avais envie, peut-être même besoin.
Aujourd’hui, j’aime toujours autant passer du temps avec mes amis et ma famille, partager, échanger et vivre de bons moments avec eux, mais j’aime également mes moments de solitude, qui ne sont pas vécus comme subis, mais comme étant des opportunités de faire des choses pour moi et qu’avec moi.

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S’aimer soi-même pour mieux aimer l(es) autre(s)

Je ne vis pas non plus mon célibat comme un fardeau, comme ça avait pu être le cas par le passé, et ce, malgré le fait que je vieillisse et que le temps passe. Je suis ouverte à l’idée de rencontrer quelqu’un et de m’investir à nouveau dans une vie de couple, mais je n’attends pas ça comme le messie et je ne considère pas ça comme une fin en soi. Si ça arrive j’en serai heureuse, mais si ça n’arrive pas, je n’en serai pas malheureuse.
Car désormais, j’ai appris à apprécier la vie et ce qu’elle a à offrir par moi-même et sans dépendre de quelqu’un d’autre. J’ai appris à me connaître, à m’apprivoiser, à m’accepter et à apprécier ma propre compagnie. J’ai appris à entreprendre des choses seule et à apprécier de les vivre seule sans aucune frustration de cette solitude.
Je ne subis pas ma situation actuelle, je la considère comme une opportunité de faire les choses différemment. Elle m’a permise de me retrouver et de me découvrir aussi, et si un jour je rencontre la bonne personne, elle me permettra de vivre une nouvelle relation bien plus sereinement que si je n’avais pas fait ce chemin là.
Parce que je n’envisage plus la vie de couple comme un besoin, comme un but mais plutôt comme un plus, comme une cerise sur un gâteau qui tient déjà la route. Et si je ne trouve pas cette cerise, le gâteau sera tout de même abouti.
Après plus de 28 années à courir après les autres, après l’autre, j’ai enfin compris comme il est important de se connaître soi-même, de s’écouter et de s’aimer soi-même avant les autres, avant l’autre, chose indispensable pour aimer les autres et l’autre, bien mieux.
Je suis aujourd’hui célibataire certes, mais bien plus sereine que je ne l’ai jamais été auparavant et ce changement de perception des choses, a fait renaître chez moi un sentiment qui m’avait quitté, sans que je ne m’en rende compte, et qui est pourtant indispensable à mon bien-être : l’envie. L’envie de profiter de chaque minute, l’envie de réaliser des choses qui me font plaisir, l’envie de vivre de bons moments qui font du bien, l’envie d’apprendre encore, et ce, que je sois seule, ou pas.

Ne pas avoir peur, se faire confiance, tenter

Souvent, les gens me disent qu’ils sont admiratifs de ça, qu’ils ne savent pas comment je fais pour réussir à vivre les choses comme ça, que je suis une fille forte, que eux n’en seraient pas capables… Certains même m’avouent ne pas être heureux dans leur couple, mais préférer une telle situation à l’hypothèse d’être seul, qui leur paraît inenvisageable. Ils sont dans l’erreur.
Je ne suis pas plus forte ou plus capable qu’une autre, j’ai juste revu ma perception des choses, ce qui me permet d’aborder la vie différemment et plus sereinement. On en est tous capables, cela ne dépend que de notre façon de voir les choses.
L’inconnu fait peur, le changement angoisse, mais lorsque l’on décide d’y faire face, très souvent, on se rend compte que ce n’était pas si dur que ça et qu’une fois le pas tant redouté sauté, les choses sont finalement beaucoup plus simples. On réalise alors, que ce qui nous paraissait être une montagne hier, est en réalité bien plus facile et accessible que ce que l’on pensait et on se dit que si l’on avait su, on aurait franchi ce pas bien plus tôt.
Et c’est valable pour tout. On a bien plus de ressources en nous que ce que l’on veut bien croire, ce n’est pas une question de force, c’est juste une question d’envie et d’objectif. Nous sommes notre seul frein, pour aller de l’avant, il suffit de se faire confiance. Ce n’est pas toujours facile, certes, mais ce qui est certain, c’est que dans la vie, on ne peut pas s’épanouir si on subit, si on ne s’écoute pas, si on ne choisit pas, si on n’affronte pas ses peurs et ses angoisses, et si on ne fait que refouler ses besoins intérieurs.
La clé du bonheur, c’est juste d’être à l’écoute de ce que l’on porte en nous, de se fier à son instinct, de prendre conscience de ce qui est bon pour nous et d’essayer, quitte à se planter. Il ne faut pas avoir peur de se tromper, de ne pas réussir, l’échec ce n’est pas de rater, c’est plutôt de ne pas tenter.

guillemets Ever tried, ever failed. No matter. Try again, fail again. Fail better. guillemets-2
Samuel Beckett

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2 réponses
  1. Betty
    Betty says:

    Article très intéressant, beaucoup aimé.
    J’avoue que je suis dans la catégorie de personne qui a du mal à s’imaginer vivre seule, vivant cette situation comme un fardeau plutôt qu’une opportunité.
    Je pense que le travail que tu as mené sur toi t’a permis d’aborder la vie autrement, avoir une autre philosophie et je trouve cela hyper intéressant.
    Nous n’avons qu’une vie alors autant profiter de tous les instants qu’elle nous offre.

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